Le 13 janvier 2025, après plus d’un an de tensions et de promesses non tenues, les magistrats gabonais, regroupés sous le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), ont décidé de lever la suspension de leur grève générale illimitée, entamée depuis le 12 décembre 2022.

Cette reprise s’accompagne de l’instauration d’un service minimum dans les juridictions à travers le pays, un moyen de pression supplémentaire pour inciter les autorités de transition à répondre à leurs revendications.
La grève avait été temporairement suspendue le 29 septembre 2023, à l’aube d’une transition politique qui avait suscité l’espoir d’un dialogue constructif. Cependant, l’expiration du délai de grâce accordé au gouvernement, le 13 décembre 2024, a marqué un tournant. L'inaction prolongée des nouvelles autorités a contraint les magistrats à reprendre leur mouvement, face à l’absence d’avancées concrètes.
Lors de l’assemblée générale extraordinaire du Synamag, tenue simultanément à Libreville et dans les autres palais de justice du pays, Landry Abaga Essono, président du syndicat, a exprimé une profonde déception. « L’indépendance de la justice gabonaise et l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats ne sont manifestement pas une priorité pour les autorités de la transition »
, a-t-il déclaré.
Parmi les principales revendications figurent la mise en application effective du statut des magistrats et des mesures réglementaires concernant leurs rémunérations et avantages. Bien que ce statut ait été promulgué depuis plus d’un an, les décrets d’application se font toujours attendre. Abaga Essono a fustigé le « mépris » des autorités, rappelant que la patience des magistrats a ses limites.
Le Synamag reste ouvert au dialogue, insistant sur son importance pour sortir de l'impasse. Toutefois, le syndicat n’a pas hésité à critiquer sévèrement l’inaction du ministre de la Justice, allant jusqu'à demander sa démission pour « inaptitude manifeste ». La reprise normale des activités judiciaires dépend désormais de la promulgation rapide des décrets d’application. En attendant, les juridictions fonctionneront en mode minimaliste, une stratégie pour maintenir la pression sur le gouvernement.
Ce nouvel épisode dans la crise du système judiciaire gabonais met en lumière les défis structurels profonds et les tensions persistantes entre les magistrats et les autorités de transition, à la recherche d’un compromis qui se fait toujours attendre.