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Le Gabon au 17e Sommet d’affaires États-Unis–Afrique : une diplomatie économique affirmée

Accueillant chefs d’État, acteurs du secteur privé, organisations internationales et investisseurs, le sommet a été l’occasion d’un dialogue approfondi sur les opportunités économiques africaines et les moyens de bâtir une coopération plus équilibrée. Dès la cérémonie d’ouverture, marquée par les allocutions du président angolais João Lourenço et de Florie Liser, présidente du Corporate Council on Africa (CCA), l’accent a été mis sur la nécessité de « partenariats solides pour une croissance durable ». Intervenant dans ce cadre, le président Oligui Nguema a présenté la nouvelle orientation économique du Gabon, axée sur la transformation locale des ressources. Il a plaidé pour des partenariats « gagnant-gagnant » permettant la création de valeur ajoutée sur le territoire national, l’industrialisation progressive et le renforcement de la souveraineté économique du pays. Cette démarche s’inscrit dans une volonté claire : sortir du modèle d’exportation brute pour bâtir une économie structurée, résiliente et inclusive. La participation du chef de l’État à cet événement de haut niveau illustre la volonté du Gabon de repositionner sa diplomatie économique, diversifier ses partenariats et faire entendre sa voix dans la redéfinition des modèles de coopération internationale. Libreville entend défendre une économie tournée vers l’innovation, l’intégration régionale et le développement durable. Dans son discours, le président angolais João Lourenço a rappelé que l’Afrique est un partenaire crédible, fort de ses vastes terres arables, d’un climat favorable et d’une jeunesse dynamique. Il a insisté sur la nécessité de valoriser des secteurs clés comme l’agro-industrie, les ressources minières, les nouvelles technologies et l’économie numérique. En marge du sommet, une distinction honorifique a été remise à Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD), pour son engagement en faveur du développement du continent. Ce geste symbolique a souligné le rôle central des institutions africaines dans la construction d’un avenir économique durable.

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Réformes politiques au Gabon : Les comités d’avant-projet rendent leur rapport au président Oligui Nguema

Lors d’une audience tenue au palais présidentiel, les membres des comités ont exposé les grandes lignes de leurs recommandations. Celles-ci portent principalement sur deux axes : la révision de la représentation parlementaire et la réforme du cadre juridique des partis politiques. Une représentation parlementaire élargie Le premier ensemble de propositions vise à rééquilibrer la représentation nationale en tenant compte de l’évolution démographique et administrative du pays. Le nombre de sièges à l’Assemblée nationale passerait de 143 à 145, avec l’introduction de deux députés représentant la diaspora : l’un pour le continent africain, l’autre pour le reste du monde. Du côté du Sénat, le nombre de sièges serait porté de 52 à 70, afin d’améliorer la représentativité des collectivités locales. Ces ajustements visent à mieux refléter la diversité du corps électoral gabonais et à renforcer la légitimité des institutions parlementaires. Vers un encadrement plus rigoureux des partis politiques Le second volet des propositions concerne les partis politiques. Les avant-projets de loi prévoient un durcissement des conditions de reconnaissance légale. Désormais, toute formation politique devra obligatoirement disposer d’un siège physique, d’un compte bancaire ouvert et de structures statutaires à jour. Une période transitoire de six mois est prévue pour permettre aux partis existants de se mettre en conformité avec ces nouvelles exigences. Par ailleurs, une mesure controversée du Dialogue national inclusif d’Angondjé en avril 2024 a été reprise : l’obligation pour chaque parti de réunir au minimum 18 000 membres pour être officiellement reconnu. Si cette disposition a été validée par les participants au dialogue, elle continue de susciter des critiques, notamment de la part des petites formations qui y voient un mécanisme d’exclusion masquée. Le découpage électoral reste en suspens Malgré ces avancées, une question clé demeure en attente : celle du nouveau découpage électoral. Pilotée par une commission distincte sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, cette réforme n’a pas encore livré ses conclusions. L’incertitude persiste donc sur la manière dont les sièges seront répartis entre les différentes circonscriptions. Une course contre la montre avant les élections À l’issue de la présentation, le président Oligui Nguema a salué la qualité du travail accompli et a instruit le gouvernement de transmettre les textes au Conseil des ministres, en vue de leur examen par le Parlement. Avec les élections législatives et locales prévues pour le 27 septembre 2025, l’adoption rapide de ces lois apparaît comme cruciale. Si elles sont validées, ces réformes pourraient marquer un tournant décisif pour le paysage politique gabonais, en instaurant des règles plus claires et une représentation plus équitable, dans un contexte de transition vers un nouvel ordre institutionnel.

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Le ministre de l'Intérieur annonce une augmentation des indemnités des chefs de quartier

Le communiqué de presse précise non seulement que cette mesure sera prise en compte dans la loi des finances rectificative de 2025 mais également les modalités de ces augmentations qui bien sûr varient d’une commune à une autre et selon les provinces. Cette annonce a été accueillie favorablement par les différents auxiliaires de commandement , qui y voient une reconnaissance de leur engagement et de leur contribution au développement de leurs communautés. Une décision qui intervient dans un contexte où le gouvernement gabonais multiplie les initiatives visant à améliorer les conditions de vie des populations et à renforcer la gouvernance locale. L'augmentation des indemnités des chefs de quartier s'inscrit donc dans cette dynamique, témoignant de la volonté du chef de l’État de soutenir et d'encourager l'action des acteurs de proximité.

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Sylvia Bongo et son fils Nourredine Bongo Valentin bénéficient d’une liberté provisoire pour raisons médicales

Inculpés de lourdes charges, notamment détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux, usurpation de titres, corruption, association de malfaiteurs, et bien d’autres infractions prévues par le Code pénal gabonais, Sylvia Bongo et son fils faisaient partie des treize personnes poursuivies à la suite du coup d’État du 30 août 2023. Dans une requête adressée au Procureur général le 12 mai dernier, leur avocate, Me Eyue-Bekale, a sollicité leur mise en liberté provisoire, mettant en avant un état de santé préoccupant. Cette demande était appuyée par des certificats médicaux émanant à la fois du médecin chef de la prison et du médecin général Jean Raymond Nzenze de l’hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba. Après consultation, l’Agence judiciaire de l’État a déclaré ne pas s’opposer à cette demande, invoquant des raisons humanitaires. Ainsi, le mercredi 14 mai 2025, la première Chambre d’Accusation spécialisée a accordé la liberté provisoire aux deux prévenus, estimant leur état de santé incompatible avec les conditions de détention. Le Procureur général a toutefois tenu à rappeler que la liberté reste le principe et la détention l’exception, conformément aux articles 132 et 143 du Code de procédure pénale. Il a aussi insisté sur le fait que cette décision n’interrompt en rien le cours de la procédure judiciaire, qui se poursuivra jusqu’à l’organisation d’un procès juste, transparent et équitable. Cette décision marque un tournant important dans une affaire aux nombreux rebondissements, surveillée de près tant au niveau national qu’international.

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Libreville: les passations de charges du premier gouvernement de la Vᵉ République auront lieu les 8 et 9 mai 2025

Actées par décret présidentiel, ces cérémonies marquent l’entrée en fonction officielle de la nouvelle équipe gouvernementale, nommée dans la foulée de l’investiture du chef de l’État. Elles seront placées sous la supervision du Secrétariat général du gouvernement, garant du bon déroulement protocolaire et administratif. Pas moins de 17 ministères sont concernés par cet exercice de continuité républicaine. La journée du jeudi 8 mai débutera avec la passation au ministère de la Planification entre Louise Nvono et Alexandre Barro Chambrier. Elle se poursuivra notamment par celle, très attendue, au ministère de l’Économie et des Finances, où Henri-Claude Oyima succèdera à Charles M’Ba et Marc-Alexandre Ndoumba. Le vendredi 9 mai, des figures majeures de la transition prendront officiellement leurs nouvelles fonctions. C’est le cas de Paul-Marie Gondjout, ancien ministre de la Justice, qui sera installé à 11 heures à la tête du ministère de la Communication, en remplacement de Laurence Ndong. Au-delà de leur caractère administratif, ces passations de charges revêtent une forte portée symbolique. Elles incarnent la volonté du président Oligui Nguema de tenir les engagements pris solennellement lors de son serment du 3 mai 2025 : « remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et être juste envers tous ». Par cette démarche ordonnée et transparente, la présidence entend rompre avec les pratiques anciennes et inaugurer un nouveau cycle fondé sur la responsabilité, la transparence et la continuité de l’État. Pour de nombreux observateurs, cette organisation méthodique des passations traduit la volonté du chef de l’État de faire de la reddition de comptes un principe intangible de la Ve République.

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Oligui Nguema échange avec les responsables des partis politiques

Tous les leaders des partis politiques légalement reconnus au Gabon ont pris part à cette concertation, marquant ainsi l’importance de ce moment pour l’avenir politique du pays. À cette occasion, le Chef de l’État a appelé à une collaboration patriotique entre les différentes formations politiques afin de consolider la démocratie et de garantir le respect des échéances électorales. Il a également annoncé la création de deux commissions majeures : l’une sera chargée de l’élaboration d’une nouvelle loi encadrant les partis politiques ; l’autre aura pour mission de revoir la répartition des sièges électoraux sur l’ensemble du territoire national. Ces commissions auront la lourde responsabilité de formuler des propositions concrètes, qui serviront de base aux futurs textes régissant l’organisation des élections générales. Selon Murielle Minkoué épouse Mintsa, ministre sortante en charge de la Réforme des institutions, le lancement des travaux de ces commissions devrait intervenir dans les tout prochains jours. Parmi les pistes de réforme évoquées lors des échanges figure notamment la définition d’un seuil minimal de partisans requis pour la création d’un parti politique. L’objectif affiché est de mettre fin au foisonnement de partis sans assise populaire réelle, en instaurant un cadre juridique plus rigoureux. En somme, ces réformes marquent une volonté claire de réorganiser et de moraliser la vie politique au Gabon, en jetant les bases d’un système plus crédible, représentatif et conforme à la Constitution.

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Vice-Président de la République et Vice-Président du Gouvernement : Attention à ne pas confondre !

Séraphin Moundounga : un conseiller présidentiel, hors du Gouvernement Le Vice-Président de la République est avant tout un adjoint politique du Chef de l’État, et non un membre du Gouvernement. Son rôle est défini par les articles 48 à 51 de la Constitution de 2024. Nommé par le Président de la République, il peut être démis à tout moment. Sa mission ? Assister le Président dans les tâches que ce dernier lui délègue. Cela peut aller jusqu’à présider un Conseil des ministres, mais uniquement sur autorisation expresse. Autrement dit, le Vice-Président de la République n’a pas de portefeuille ministériel, ne prend pas de décisions exécutives en son nom propre, et n’a pas de lien direct avec la gestion gouvernementale. Il est plutôt une figure institutionnelle, un relais de confiance, un suppléant du Président dans certaines circonstances précises. Alexandre Barro Chambrier : un acteur central du Gouvernement À l’opposé, le Vice-Président du Gouvernement est pleinement intégré à l’exécutif. Il occupe une position stratégique : il coordonne l’action de tous les ministres. C’est à lui que revient la tâche de superviser l’application des politiques publiques, d’intervenir devant le Parlement et de présenter des projets de loi au nom du Gouvernement. La Constitution, notamment dans ses articles 69, 81, 82 et 101, précise que le Vice-Président du Gouvernement travaille sous l’autorité directe du Président, qui est également Chef du Gouvernement. Il joue un rôle de premier plan dans la machine étatique, répondant aux questions des députés et sénateurs, participant activement aux débats parlementaires et assurant le suivi des engagements gouvernementaux. Une frontière nette, mais souvent ignorée La proximité des intitulés peut induire en erreur. Pourtant, la frontière est claire : le Vice-Président de la République appartient à la Présidence, tandis que le Vice-Président du Gouvernement agit au sein du Gouvernement. L’un assiste le Président dans ses fonctions régaliennes, l’autre pilote l’action administrative et politique de l’équipe ministérielle. Tous deux peuvent être traduits devant la Cour de Justice de la République en cas de fautes graves liées à leurs fonctions (article 141), preuve de leur niveau de responsabilité. Mais ils n’ont ni les mêmes missions, ni les mêmes leviers d’action. Une meilleure compréhension pour une démocratie plus lisible Distinguer clairement ces deux fonctions, c’est respecter la volonté de la Constitution de 2024, qui vise à moderniser et clarifier les institutions gabonaises. Cela permet aussi aux citoyens d’y voir plus clair dans le fonctionnement de l’État, et de mieux juger l’action des différents acteurs publics.

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Raymond Ndong Sima démissionne de ses fonctions de Premier ministre

Nommé à ce poste stratégique à la suite du changement de régime intervenu en août 2023, Raymond Ndong Sima aura été l’un des artisans majeurs de la conduite de la Transition au Gabon. Homme d’expérience, connu pour son attachement aux valeurs républicaines et sa rigueur, il a su accompagner le processus de refondation engagé par les autorités de la Transition, dans un contexte politique et institutionnel particulièrement exigeant. Le Chef de l’État a tenu à saluer « un homme de devoir », soulignant la contribution « décisive » de Raymond Ndong Sima à la réussite de cette phase délicate. Le Président Oligui Nguema a exprimé sa profonde reconnaissance pour l’engagement, la loyauté et le sens élevé de l’État dont a fait preuve le désormais ancien Premier ministre tout au long de sa mission. Le Président de la République lui a également adressé ses félicitations pour le travail accompli, ainsi que ses vœux les plus sincères de réussite pour la suite de son parcours. Cette démission marque une étape importante pour le début de la Vème République.

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Union Africaine: Retour du Gabon au seins de l’institution continentale

Cette réintégration du Gabon dans l’organisation panafricaine marque une étape importante sur le chemin de la normalisation diplomatique du pays. Elle vient reconnaître les efforts entrepris par les nouvelles autorités gabonaises pour restaurer la stabilité, restructurer les institutions et entamer un dialogue apaisé avec les partenaires internationaux. Cependant, cette levée de suspension ne signifie pas une carte blanche. Le CPS a assorti sa décision de plusieurs recommandations, traduisant les attentes de la communauté africaine vis-à-vis de Libreville. L'une des principales préoccupations porte sur le traitement réservé à l’ancien président Ali Bongo Ondimba et à certains membres de sa famille, notamment son épouse Sylvia Bongo et son fils Nourredin, tous impliqués dans des affaires judiciaires post-transition. Le Conseil a insisté sur la nécessité de garantir des procès justes, transparents et rapides pour toutes les personnalités détenues depuis l’arrivée au pouvoir du CTRI. Présent à Addis-Abeba pour porter la voix du Gabon, Michel Régis Onanga Ndiaye, ministre des Affaires étrangères, a salué cette décision. Il a exprimé l’engagement du gouvernement à œuvrer pour la paix, la sécurité et le développement durable, non seulement au Gabon mais aussi à l’échelle du continent. Ce retour du pays au sein de l’UA est donc également perçu comme une volonté de reprendre pleinement sa place dans les grandes dynamiques africaines. Sur le plan interne, cette reconnaissance internationale renforce la légitimité du nouveau Président élu Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Si le retour du Gabon à l’Union Africaine constitue une victoire diplomatique, il s’accompagne de responsabilités claires et d’attentes élevées. Le pays a désormais l’opportunité de transformer cette étape en tremplin vers une transition réussie et une gouvernance renouvelée.